BIOGRAPHIES

PIERRE CHEVILLET (1892 - 1951)

Docteur en Médecine diplômé de la Faculté de Médecine de Nancy - Ancien externe des hôpitaux - Chevalier de la légion d'Honneur - Croix de Guerre avec palme et étoile de vermeil - Médaille des Epidémies - Ancien Médecin du 416° Régiment d'Infanterie - Campagne de Syrie - Médecin à l'Ecole Normale de Culture Physique du Docteur Georges ROUHET et de Maître Edmond DESBONNET - Membre de la Commission Médicale de la Fédération Française de Culture Physique

Pierre CHEVILLET pense que la base de l'erreur, commise par les vieilles Nations Européennes, est la confusion de la culture physique et du sport à record. Selon l'avis de nos contemporains, les efforts sont des contractions musculaires destinées à un exercice accompli jusqu'à l'épuisement sur l'ordre d'une volonté qualifiée énergique. Ils ignorent la bonne application d'une philosophie à de tels efforts: "Rien de trop" Telle est l'autoritaire et sage formule utilisable. "Rien de trop" c'est-à-dire amour de la sagesse, de l'équilibre et du juste milieu. Cette conception émane de la pureté, de l'harmonie organique, base d'un bon système cérébro-médullaire, ce facteur vital des saines pensées si indispensables à l'humanité européenne pour enrayer sa descente sur la pente de la dégénérescence."

CONFESSION D'UN MÉDECIN MALADE

Le Docteur PIERRE CHEVILLET nous explique comment il s'est soigné et guéri par la sudation et la GYMNASTIQUE DES ORGANES -"Je n'y croyais pas et portant je dois ma santé actuelle aux conseils qui m'ont été donnés de suer et d'exercer mes muscles suivant les principes que moi, médecin, j'aurais dû connaître, mais dont j'étais totalement ignorant à ma grande confusion. Lorsque pour la première fois, je vins voir le Professeur DESBONNET à Paris, j'étais loin de me douter que j'allais devenir un adepte convaincu de ses méthodes et repenser à nouveau tout mon savoir médical. -Etant médecin, j'aurais pu m'intéresser aux diverses techniques de la Gymnastique Analytique de Développement Musculaire et organique (culture physique, gymnastique des organes, gymnité, etc.) de même que j'aurais pu m'initier aux conceptions de l'Hygiénisme Intégral (hydrothérapie, héliothérapie, relaxation, suroxygénation, massage, etc.), mais j'étais littéralement envoûté par l'enseignement allopathique, malgré bien des déceptions. Il faut dire aussi que les études classiques sont longues et qu'elles sont tellement étendues depuis quelques années qu'il faudrait beaucoup de temps pour être tenu au courant de tout ce qui se fait. J'étais certes, bien découragé, comme beaucoup de mes confrères, par les dangers, les échecs ou les récidives qui trop souvent s'attachent à nos méthodes allopathiques. Je me demandais, peut-être à la manière de mon illustre confrère HAHNEMANN, quelle pouvait être la forme de la thérapeutique la plus conforme à la nature humaine, mais n'ayant point la richesse d'imagination du "Père de l'Homéopathie". Le hasard décida de mon orientation, et un livre de DESBONNET me mit sur la voie de la santé physiologique.

ADEPTE CONVAINCU DE LA SUDATION, j'abandonnai résolument les soins symptomatiques qui confèrent cette détestable santé artificielle condamnée par CARREL, et qui sans cesse remet toujours tout en question, et souvent d'une manière plus grave que la précédente. J'acceptai donc d'expérimenter sur moi-même les effets de la sudation, en tant que thérapeutique de l'élimination, procédé assez peu connu des classiques. Les résultats ne se firent pas attendre. Je devais également apprendre par la même occasion, les vertus de cette fameuse "GYMNASTIQUE DES ORGANES", œuvre maîtresse du Professeur DESBONNET. Cette gymnastique, il faut le dire, est bien supérieure au Yoga, tant pour le développement complet du corps que pour le perfectionnement humain sur les plans de la cérébralité et de la moralité. C'est dans cette maison, au 48, faubourg Poissonnière, véritable "Temple de la Santé", où tant de malades ont retrouvé leur vitalité perdue, que moi, Pierre CHEVILLET, médecin, j'ai retrouvé la confiance en mon métier de thérapeute. Sans le vouloir, j'étais remonté aux sources de cette bonne vieille médecine rationnelle, traditionnelle et hippocratique. C'est là que j'ai eu le plaisir de connaître mon maître très regretté, le Docteur Georges ROUHET, et de lire les livres des grands précurseurs: LAGRANGE, LUCAS-CHAMPIONNIÈRE, etc. Là, j'ai pu mesurer les merveilleuses possibilités de rééducation physiologique et de perfectionnement que les méthodes par les agents physiques autorisent. J'ÉTAIS UN MÉDECIN-MALADE.

Le premier devoir d'un médecin devrait être d'être en bonne santé. "Médecin, guéris-toi, toi-même", dit le philosophe avec raison. Moi, j'étais bien mal en point, malgré ma science des médicaments. Ma santé allait même de plus en plus mal peut-être à cause de cela. L'action de la sudation et de l'exercice modéré, régulier, raisonné et raisonnable furent vraiment miraculeux. Lors des premières séances, mon corps se dégonfla littéralement; je rejetai des quantités énormes de déchets, de toxines, de sueurs, de liquides et de gaz nauséabonds, à tel point qu'il fallut m'isoler dans une pièce annexe pour ne pas gêner les autres élèves. Ma peau, à ce traitement, se réveilla vite et retrouva sa souplesse avec ses fonctions. Tout mon tissu conjonctif se débarrassa de ses surcharges, et en quelques semaines ma silhouette se transforma complètement. Mon teint habituellement jaune était devenu plus clair, presque rose par endroit, et je flottais dans tous mes costumes. J'étais aussi plus léger, moins fatigué, plus actif physiquement et cérébralement. Ma respiration très courte était devenue plus profonde et je passais maintenant mes nuits à dormir d'un sommeil réparateur et non plus à étouffer lamentablement comme un vieillard asthmatique; mes digestions s'étaient également bien améliorées, mon ventre était devenu aussi plat que celui d'un jeune officier. Quant à mes articulations, celles de la hanche et des lombes qui me faisaient tant souffrir depuis quelques années, malgré les piqûres de cortisone, elles me laissaient enfin tranquille, et j'en étais bien heureux, considérant ce mal comme inguérissable. J'étais devenu un autre homme par le simple bon sens d'une hygiène naturelle. Souvent je dis, et je le répète encore aujourd'hui, que les étudiants en médecine feraient bien d'aller faire un tour au 48, faubourg Poissonnière pour voir et comprendre ce qui s'y passe, loin des études de laboratoire, mais si près de la vie et de ses secrets.

UNE MÉDECINE DE BON SENS- Quand je pense que pour guérir les mains moites, par exemple, certains de mes confrères, en toute bonne foi d'ailleurs, conseillent l'intervention chirurgicale qui consiste à sectionner un nerf au niveau du cou près de la moelle, ou que d'autres encore, tout aussi sincères, parlent de rayons X, je suis profondément attristé devant la totale incompréhension biologique qui préside à leur décision. Couper ou brûler un nerf pour faire taire un organe utile est le contraire d'une guérison. Les glandes sudoripares remplissent un rôle important, et réduire leur action est toujours néfaste. Si certaines s'exercent à plein, c'est que les autres sont atrophiées. Leur suppléance est donc utile pour sauver l'organisme. En arrêtant leur débit, sans solliciter les autres, on élève le niveau toxémique et on prépare des transferts morbides ou maladies dites "nouvelles" issues de l'ancienne, ainsi étouffée maladroitement. Pour guérir intelligemment de telles localisations, il suffit de réveiller l'ensemble du système sudoripare par des bains de sudation et des exercices adaptés. Les éliminations intensifiées et mieux réparties ne se feront presque plus sentir localement. Cette méthode permettra de se débarrasser, par la même occasion, d'un eczéma mal placé, de lutter contre une calvitie naissante, de guérir des pieds échauffés, d'éliminer du prurit nocturne et beaucoup d'autres petits maux qui, après 40 ans, se manifestent et sont les  signes avant- coureurs de saturation humorale due à la suralimentation et à la sédentarité qui freinent les phénomènes de l'élimination.

L'EAU FROIDE SUR LES CORPS CHAUDS- Pour en revenir à la cure qui m'a rendu la santé, je dois dire que, la période d'adaptation franchie, je fus mis à l'affusion froide en sortant de la caisse à suer ou à la fin de la séance générale de culture physique avec petits haltères. Dans les derniers temps, je supportais facilement l'eau à 18°. Je ne l'aurais point fait au début, mon cœur et mes artères n'étaient pas suffisamment préparés à cette gymnastique vasomotrice, mais je me suis rendu compte qu'elle est indispensable, donnant en cela raison à mon confrère le Docteur Georges ROUHET. Cette thérapie, compte tenu de la progression, est bonne pour stimuler les reins et les poumons. L'eau froide, en effet, précipite le sang de la périphérie vers l'intérieur, fait uriner et ventile les poumons. C'est par ce processus que le Curé KNEIPP guérissait ses malades. Il y a assez de thérapeutiques naturelles pour guérir la plupart des malades et les faire vivre mieux, en bonne santé, sans être à la charge de la Société, mais voilà, il faudrait commencer par le commencement; remettre en état la machine organique et non plus attendre qu'elle soit complètement délabrée pour la faire marcher tant bien que mal à grands coups de palliatifs médicamenteux, agissant comme des coups de fouet sur le dos d'un vieux cheval, épuisé par la côte, la charge et les ans.

   

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages du Docteur Pierre CHEVILLET - "La culture physique pour tous"

Ouvrages en collaboration avec le Professeur Edmond DESBONNET -"Comment on obtient la force physique et la santé" - "La Gymnastique des Organes" A écrit de très nombreux articles dans la revue "la Culture Physique" 

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