BIOGRAPHIES

EDMOND DESBONNET (1868 - 1953)

Docteur en Médecine (H.C) - Docteur en Sciences (H.C) - Médecin Gymnaste de l'Institut Royal et Central de Gymnastique de Stockholm - Chevalier de la Légion d'Honneur - Grande Médaille d'Or des Ministères de la Santé et de l'Hygiène - Officier d'Académie - Conférencier en Sorbonne - Membre adhérent de la Société des Gens de Lettres de France - Délégué au Congrès International d'Education Physique à l'Exposition Universelle de 1900 - Chargé de mission pour l'étude de la Gymnastique médicale à l'étranger - Fondateur de la Gymnastique des Organes et de la Culture Physique en Europe, en 1885 - Concepteur de la Vertébrothérapie par la rénovation discale - Père de la Kinésithérapie Française - Président fondateur de la "Fédération Française de Culture Physique" - Professeur de culture physique

Elèves célèbres: Des académiciens comme Pierre LOTI, BRIEUX, Jean RICHEPIN - Des médecins comme DARTIGUES, CHEVILLET, VINTRE, PAGÈS, CÉPÈDE, RUFFIER, HECKEL, PEUGNIEZ - Des grands noms de l'armorial comme les Princes MURAT, DE BROGLIE ou DE CARAMAN-CHIMAY - Des écrivains comme - Jules BOIS, Paul VÉROLA, Hugues LEROUX - Des auteurs comme Paul MOUNET, MOUNET-SULLY, Albert LAMBERT - Des hauts gradés militaires comme le Général ETIENNE, le Colonel PERRAS; et bien d'autres. 

LE LILLOIS EDMOND DESBONNET

C'est à Lille que PASTEUR ce bienfaiteur de l'humanité fit ses premières recherches d'où devait sortir le faisceau de découvertes qui bouleversèrent les théories médicales de l'époque. Pasteur qui n'était pas médecin, fit faire à la médecine le plus grand pas qu’elle n’ait jamais fait depuis ESCULAPE. C'est à Lille encore qu'un autre homme, qui n'était pas encore médecin, a doté l'humanité d'un merveilleux instrument de régénération: la culture physique. Beaucoup qui liront ces lignes ne connaissent pas le nom de Edmond DESBONNET. Il est né dans cette cité au 103 rue de Dunkerque, d'une vieille famille Lilloise d'entrepreneurs de bâtiment. Il y fit ses études, d'abord au pensionnat SainteMarie rue des Stations, puis à l'école supérieure de la rue des Lombards. Son père voyait un successeur tout désigné; il pensait l'associer aux deux enfants de son premier mariage, Léon et Louis. Le jeune Edmond n'avait guère de goût pour le bâtiment; seules, parmi les multiples engins de l'office, les échelles l'intéressaient; on l'y trouvait toujours, tantôt perché, tantôt pensif, lorsqu'on le cherchait à travers la maison paternelle. En réalité, le cerveau du jeune Edmond travaillait d'ores et déjà et peu à peu, les germes de ses découvertes prenaient corps. Il n'avait de goût que pour la beauté, la santé, les travaux de force et les exercices physiques. Aussi n'est-ce qu'après la mort de son père que sa mère, cédant à ces instances renouvelées, lui avança les fonds nécessaires à l'installation du rêve de sa jeune vie: une école de culture physique où il pourrait à son gré, appliquer les principes de la méthode qu'il  avait conçus. Ce fut ne l'oublions pas, la première Ecole de Culture Physique au monde. Le mot, et l'idée bientôt, firent leur chemin et le local du 26 rue Nicolas Leblanc, en face de l'hippodrome Lillois, fut bientôt trop petit. L'école fut transférée d'abord 88 rue d'Artois, puis 30 place du Théâtre, où pour la première fois, Desbonnet put s'installer comme il le désirait vraiment, dans une profusion de glaces, de lumières et d'appareils divers qui firent s'exclamer bien haut la famille conviée à l'inauguration. Il fallut bien en convenir: DESBONNET était né professeur de culture physique, comme d'autres naissent compositeurs ou peintres. Le succès d'ailleurs ne vint pas tout seul. Les pertes d'argent réitérées convainquirent bien vite DESBONNET, que nul n'est prophète en son pays. Il alla montait à Roubaix sa quatrième école puis, finalement gagna Paris où, il devait trouver, plus tard encore et après pas mal de difficultés, la consécration qu'il désirait. Il avait en effet auparavant, achevé d'engloutir le reste de sa fortune et celle de sa mère. La maison mère qu'il fonda au faubourg Poissonnière devint plus tard l'Ecole Normale de Culture Physique qu'il dirigea en collaboration avec le Docteur Georges ROUHET de la Faculté de Médecine de Paris et une phalange de collaborateurs de choix. A travers toute la France et jusqu'au delà des mers se développèrent des écoles filiales. Inlassable, DESBONNET a en outre fondé quatre revues: l'Education Physique, la Santé par les Sports, l'Athlète et enfin la Culture Physique, organe de la régénération physique et morale de la race. Il a écrit vingt ouvrages sur la question et obtenu pour quelques-uns des préfaces élogieuses de Pierre LOTI. Des millions d'hommes ont depuis trouvé chez lui, chez ses disciples ou dans ses écrits, la bonne parole et le remède à leurs déficiences physiques. 


COMMENT JE ME SUIS GUÉRI

Dans un témoignage fort "Comment je me suis guéri de mes rhumatismes et de ma tuberculose", Edmond DESBONNET nous fait découvrir la génèse de la GYMNASTIQUE DES ORGANES, mais laissons-le parler "On reprochait à une lionne de n'avoir mis qu'un petit au monde - Oui, un seul, répondit-elle, mais c'est un lion (ESOPE) - On me reprochait souvent de ne jamais parler que d'une seule chose - Oui, une seule, répondais-je, mais c'est la Régénération Physique et Morale de la Race - Si j'avais cru qu'il pouvait exister une autre profession plus utile pour la richesse et la gloire de mon pays, c'est celle-là que j'aurais embrassée! J'avais toutes les facilités possibles; il ne tenait qu'à moi de choisir ma carrière ou de continuer à augmenter ma fortune  en exploitant l'entreprise de bâtiments en pleine prospérité de mes parents. Mais le commerce, l'industrie ne me tentaient nullement. Mon père me disait - Choisis ta carrière; Veux-tu être notaire, avocat? - professions qui avaient l'air de le séduire particulièrement. Ma mère me disait - Veux-tu être prêtre - mais tous les deux se rendirent compte que je n'avais pas la vocation. Je commençai alors des études médicales, je suivis des cours avec des professeurs libres pour gagner du temps et fis de rapides progrès. Une crise de goutte, dont mes maîtres ne purent me guérir, me retira une partie de la confiance que j'avais en la médecine. Il n'y avait rien dans l'arsenal médical pour faire passer le mal, si ce n'est une canne pour m'appuyer et un soufflet à ma chaussure pour loger l'orteil gonflé et douloureux. Cela me fit réfléchir. Mon intuition aidant, je me guéris seul par des moyens à moi qui n'étaient certainement pas mauvais, puisque j'abandonnai rapidement la canne et pus reprendre mes chaussures habituelles. Un an plus tard, je fis de la tuberculose au premier degré (fièvre, toux opiniâtre le soir dès que j'étais au lit, transpiration abondante la nuit et salive rosée après les quintes de toux, perte de poids importante, mon poids habillé descendit à 50 kg) Les médecins voulaient m'envoyer à la montagne pour faire de la chaise longue. Je n'en fis rien. A leurs raisons, j'opposais mon instinct et ce fut encore lui qui me sauva. Je me guéris seul, par des moyens de mon cru et les médecins qui m'avaient condamné à mourir jeune sont morts depuis longtemps, tous avant la vieillesse. Mon instinct s'était donc montrait supérieur à la science médicale. Lassé des études sur les cadavres et les moribonds, je fis des recherches sur les athlètes sains et sur les animaux. J'étudiais la zootechnie et la zoologie, là je fus aussi étonné de voir la pratique, voire le simple empirisme, l'emporter de beaucoup sur la science livresque. Des éleveurs, des maquignons même, damaient le pion à des vétérinaires officiels qui croyaient avoir tout appris dans les livres. Des éleveurs évaluaient d'un seul coup d'œil le poids exact des bestiaux, diagnostiquant à première vue des maladies là où des vétérinaires diplômés perdaient leur latin. Une fois encore, la pratique distançait de loin la théorie. Quarante ans se sont passés, mon poids est devenu normal, ma santé excellente, j'ai eu des enfants et petits-enfants très vigoureux, et j'ai brillé dans tous les sports sans vouloir être champion dans un seul. Ma guérison me convainquit que la santé n'était pas dans la médecine, que les médecins n'avaient pas la vigueur athlétique nécessaire pour être des hommes au moins normaux, qu'ils vivaient plutôt moins vieux qu'un paysan ignorant tout de l'hygiène et de la médecine, mais travaillant dur en plein air et que la santé et la force n'était que dans le régime, l'eau, l'air, la lumière, la chaleur et surtout dans la GYMNASTIQUE DES ORGANES qui est la base fondamentale de la vigueur d'un sujet." C'est en 1901 que le Docteur Georges ROUHET a songé à condenser en un livre les excellents principes qu'il avait mis en pratique depuis plus de vingt ans et il publia: "De l'entraînement complet et expérimental de l'homme". La même année, je publiais moi-même "La Force Physique". Coïncidence bizarre: les deux méthodes étaient identiques, c'étaient les mêmes vues sur les résultats de l'exercice physique, mêmes exercices, mêmes principes d'entraînement. Nous nous étions rencontrés dans notre méthode, simplement parce que nous avions suivi, pour y aboutir, le même chemin: l'EXPÉRIENCE, et non pas seulement l'expérience personnelle, mais l'expérience sur des sujets nombreux et divers. Le Docteur ROUHET est de ceux qui croient fermement que l'avenir de la thérapeutique médicale est uniquement dans l'exercice. Et, il prévoit un avenir prochain, où le médecin disparaîtra, remplacé par l'hygiéniste et le professeur de culture physique. Seul, le chirurgien restera, l'exercice étant impuissant à remettre en bon état des membres écrasés ou à réparer les accrocs faits à la peau par une arme quelconque. Verrons-nous cet état de chose? C'est douteux! Mais nos fils et petits-fils le verront peut-être, et nos arrière-petit-fils sûrement. Car, on ne saurait plus le nier, l'exercice, pratiqué rationnellement, donne la santé en même temps que la force et les gens sains n'ont que faire du médecin et du pharmacien.

 

BIBLIOGRAPHIE

 Ouvrages du Professeur DESBONNET - "La Force Physique" - "Comment on devient Athlète" - "Pour devenir belle...et le rester" - "Pour devenir fort...et le rester" - "Un coup de tocsin avant le glas" - "Huit minutes d'exercices physiques journaliers pour obtenir la santé" - "Les Rois de la Force" - "Les Rois de la Lutte" - "Petits jeux athlétiques de société" –

Ouvrages en collaboration avec le Docteur Georges ROUHET - "L'art de créer le pur-sang humain" - "L'art de prendre le bain turc chez soi"  

Ouvrages en collaboration avec l'écrivain Albert SURIER - "Comment on devient beau et fort" - "La Force pour tous" - "La santé par dix minutes de culture physique chaque jour" - "Forts par la culture physique" - "Manuel de culture physique militaire" –

Ouvrages en collaboration avec le Docteur Pierre CHEVILLET - "Comment on obtient la force physique et la santé" - "La Gymnastique des Organes

Ouvrages en collaboration avec Pierre MARIE, DUBOID et Claude - "Force et Santé pour tous. Le triomphe de la Culture physique. Pour qu'arrive le règne de la santé" - "L'Art de devenir fort et bien portant" - "Comment on devient champion de la force" –

Fondateur de revues hebdomadaires et mensuelles illustrées "L'Athlète en 1896" - "L'Education Physique" - "La Culture Physique" - "La Santé par les Sports" - "La Boxe et les Boxeurs" - "L'Auto" Rédacteur dès sa fondation en 1900 –

RAMOND Richard (2016) - Tous droits de propriété intellectuelle et industrielle réservés. Reproduction même partielle interdite, sauf autorisation de l’Auteur.